Communiqué, Informations

Lettre ouverte au Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke

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Montréal, le 24 février 2015

Direction

Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke

Madame, Monsieur,

Le quotidien La Presse du 13 février dernier a consacré un long article aux démêlés du Docteur Richard Le Blanc avec ses collègues du CHUS. Nous ne connaissons pas les détails de l’affaire outre ce que cet article raconte. Nous comprenons cependant qu’au-delà des «difficultés de relations interpersonnelles» du Docteur Le Blanc, le problème semble plus large. En fait, l’article ne donne une très bonne image ni de son département ni du CHUS.

Si nous ne pouvons nous prononcer sur l’ensemble du dossier, nous nous permettons néanmoins d’apporter notre éclairage à titre de personnes autistes œuvrant en différentes sphères de la société. Auprès de ses patients, le Docteur Le Blanc semble être exemplaire. «Disponible et efficace», il aurait grandement amélioré l’accès aux soins en descendant les listes d’attente «de plusieurs mois» – ses collègues ont-ils apprécié? Comme membres du public, c’est précisément ce que nous attendons des médecins et du système de santé : que les patients soient la grande priorité, plutôt que la petite politique interne et les querelles de coqs. La contre-expertise psychiatrique imposée au Docteur Le Blanc a conclu qu’il serait «inapte au travail». C’est une conclusion extrêmement douteuse puisque les patients, eux, sont satisfaits de son travail!

Le Docteur Le Blanc serait «casse-pied», mais nous comprenons surtout qu’il cherche à améliorer le système pour le bénéfice des malades. Il faudrait donc voir au-delà de sa manière particulière de s’exprimer, en évitant de croire qu’il puisse être «dangereux» parce que son sens de la justice est heurté par certaines pratiques institutionnelles. Nous ne pensons d’ailleurs pas que les aménagements qui lui permettraient de travailler en sérénité dans votre établissement soient de l’ordre de l’impossible. Vous pourriez faire appel à des gens expérimentés en autisme (de préférence des gens eux-mêmes autistes) pour vous aider à trouver ces aménagements et à les mettre en place. L’important serait de réintégrer le Docteur Le Blanc afin qu’il puisse exercer son art où il est des plus compétents.

À un moment où les professionnels de la santé demandent l’appui du public face aux politiques du gouvernement du Québec, la manière de traiter le Docteur Le Blanc ressemble à un contre-exemple. Dans une société qui se veut inclusive, il nous apparaît essentiel que le milieu de la santé assume un leadership en matière d’inclusion. Nous sommes attristés de comprendre que cette mission ne semble pas figurer dans vos orientations réelles et concrètes, et nous vous invitons à remédier à la situation.

Avec nos salutations cordiales,

Lucila Guerrero et Antoine Ouellette

Cofondateurs d’Aut’Créatifs

Informations

Bonne nouvelle!

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Bonne nouvelle qu’on a la joie de vous partager!

Lors du Deuxième rencontre autiste, à Los Cabos, Mexique, un Manifeste a été signé. Il représente un pas en avant vers notre reconnaissance positive. On propose le changement du mot « Trouble » par le mot « Condition » et on invite aux spécialistes, parents et sociétés de l’Amérique latine à l’adopter.

« Los Cabos, BCS, Méxique le 08 Novembre 2014

Manifeste institutionnel

La Fondation Hace A.C. est une association sans but lucratif dédiée à promouvoir la connaissance, l’intégration et la compréhension de l’autisme et d’Asperger.

Depuis 2008, nous avons réalisé des efforts importants pour établir notre raison d’être, diffuser de l’information précise, créer des espaces pleinement conviviaux et développer une communauté informée et consciente de la diversité présente dans la société. Dans l’exercice de ces actions, nous cherchons à rester à jour et à l’avant-garde des connaissances théoriques et pratiques dans le domaine, en prenant comme référence les principaux professionnels et grandes institutions de partout dans le monde et en adaptant ces connaissances à la réalité latino-américaine.

La recherche, les connaissances et la compréhension actuelles au sujet de l’autisme et d’Asperger nous invitent aujourd’hui à effectuer un changement de paradigme en ce qui concerne leur conceptualisation. Pour cette raison, nous considérons comme étant fondamental de changer le terme « trouble », qui fait invariablement référence à une pathologie ou à une perturbation, pour adopter celui de « condition », qui fait référence à l’ensemble des caractéristiques particulières définissant un être ou un ensemble d’êtres, ainsi que cela a été fait par plusieurs groupes de spécialistes dans le domaine de la neurodiversité. Laissons derrière nous l’expression inadéquate « Troubles du spectre de l’autisme » (TSA) et utilisons plutôt « Conditions du spectre de l’autisme » (CSA) pour faire référence aux personnes avec autisme et Asperger.

Il ne s’agit pas d’un changement superficiel : en effet, nous devons garder à l’esprit que les mots que nous utilisons organisent notre perception de la réalité et en ce sens, que nous avons une responsabilité sociale auprès de toute la communauté lorsqu’il s’agit de démystifier, de clarifier et d’approcher l’information disponible actuellement.

Nous utilisons la terminologie « Conditions du spectre de l’autisme » puisqu’elle reflète la nature complexe de l’autisme et d’Asperger, et qu’il ne s’agit pas de maladies, mais bien d’un développement neurologique différent qu’on ne doit pas chercher à guérir, mais à comprendre.

Nous invitons tous les professionnels et parents, toutes les institutions et la société en général à se joindre à cette initiative lancée aujourd’hui à partir du Mexique pour toute l’Amérique latine.

Signatures :

Enlace Autisme

Castelo Centro Educativo

Coconeh autisme

Kodomo

IDEA

EITA

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Merci à Ernesto Reaño, psychologue spécialiste en Asperger et Directeur de EITA Pérou pour nous avoir partagé le document original.
Traduction de l’espagnol par Lucila Guerrero