Marie De Lannoy

49236678_526917731125119_4434019722656219136_n

Je me nomme Marie Delannoy. Je suis une jeune belge de 32 ans. Je vis et travaille à Bruxelles dans le secteur artistique. Je me suis toujours sentie différente, sentiment renforcé durant toute ma vie par des remarques, moqueries et violences de mes pairs humains. Je n’en suis pas moins restée attachée à mes goûts étranges aux yeux de beaucoup tout en m’interrogeant sur mon mode de fonctionnement. Ce n’est qu’en 2018, qu’un médecin me demanda si j’étais autiste asperger. Ignorant presque tout à ce propos, je me suis mise en quête de spécialistes qui ont confirmé après de nombreux tests que j’étais bien une personne autiste.

Depuis toujours, je sublime mes difficultés par le biais de l’art. En effet, outre les violences dont j’ai fait l’objet à l’école durant mon enfance, j’ai dû affronter quotidiennement une mère perverse narcissique qui m’a détruite durant des années. Le monde de l’art a été mon échappatoire, ma forme de méditation, mon refuge, mon confident,… Très jeune, je suis rentrée en contact avec la musique dite « classique » par le biais de la danse. Ce fut pour moi une révélation. La musique devint bien vite mon alliée, ma meilleure amie. Quand elle ne résonnait pas dans ma chambre, elle résonnait dans ma tête. J’ai commencé très jeune à tenter de la sublimer à ma manière en me mettant à danser. La danse fut de nombreuses années ma passion numéro un. Quand je ne dansais pas, je créais des chorégraphies ou lisais des ouvrages sur le sujet. À cette passion, s’est rajouté le théâtre. En jouant divers rôles, j’ai appris beaucoup plus que je n’aurais pu le faire autrement. L’art dramatique a été mon école de la vie qui m’a apporté confiance en moi mais également une grille de lecture du monde et de ses habitants. L’écriture a toujours été un moyen d’expression majeur pour moi et elle l’est encore plus à l’heure actuelle où je ne peux plus danser. En effet, on m’a officiellement diagnostiqué une pathologie lourde début février 2018. Il m’est nécessaire de faire sortir ce qui se passe en moi. N’étant guère douée à cet exercice-là, j’expulse mes tensions, mes joies, mes peines, mes colères par la voie artistique. Je suis tombée amoureuse de l’art lyrique et de la Russie très jeune. Ces amours ne m’ont jamais quittée. Je voyage beaucoup pour aller entendre mes chanteurs préférés, suivre des metteurs en scène qui m’intéressent ainsi que pour pratiquer mon russe. La musique résonne tout le temps chez moi. C’est mon refuge et ma source d’inspiration.

 

Au niveau professionnel, je travaille dans le monde du théâtre dans un lieu où je remplis les fonctions de professeur de théâtre, metteur en scène et dramaturge. J’y effectue également de la gestion administrative et culturelle. Avant cela, j’ai enseigné durant 9 ans dans des écoles primaires bruxelloises. Là, j’ai partagé aux élèves mes passions pour l’opéra et l’écriture. Ce qui a donné naissance, il y a bientôt trois ans, à un livre, écrit à 21 mains, qui a été publié aux éditions Lamiroy. (https://lamiroy.net/products/la-mysterieuse-disparition-de-madame-marie) Dans ce livre, il est question bien entendu d’opéra. J’ai quitté volontairement l’enseignement ordinaire car je rencontrais beaucoup de difficultés avec mes collègues. J’étais épuisée et mon état corporel ne faisait qu’empirer. J’ai donc décidé de me diriger vers le monde artistique pour lequel j’avais un diplôme universitaire (master en arts du spectacle avec comme orientation le spectacle vivant).

 

Pour le futur, j’aimerais beaucoup œuvrer pour une meilleure compréhension et connaissance de l’autisme et le biais de l’art (écriture et théâtre) me semble intéressant pour y arriver.